Sans-papiers, immigration

Seule réponse de l’administration : le retour forcé volontaire

Seule réponse de l’administration : le retour forcé volontaire Lundi 8 mars dans l’après midi, un camp rassemblant dans des abris de fortune environ 200 Roms a subi une agression extrêmement violente. Des personnes armées de battes de base-ball l’ont attaqué et mis le feu aux baraques. De nombreux témoignages évoquent la présence passive de policiers municipaux sur les lieux dés le début de ces évènements.

Ces familles ont été regroupées le soir même, à l’initiative de la Mairie, dans un gymnase de Massy. La plupart indiquent qu’il leur a été provisoirement interdit de le quitter alors qu’aucun cadre juridique ne prévoit leur privation de liberté.

102 personnes ont été "rapatriées" en Roumanie dès ce matin dans le cadre de l’aide au retour volontaire. Il est prévu que les personnes restantes le soient dans la soirée, à bord d’avions "mis à disposition" par l’administration, sans que l’on connaisse exactement la procédure légale appliqué par l’administration pour cette deuxième vague.

Parmi ces personnes figurent une dizaine de mineurs isolés dont l’expulsion est totalement interdite. Seul un rapatriement pourrait être envisagé sous le contrôle du juge des enfants.

Alors que ces familles ont été victimes de violences extrêmement graves, l’administration choisit de se "débarrasser" de ces personnes en catimini, en extrême urgence et dans des conditions légales incertaines.

Nous dénonçons le climat délétère vis-à-vis de la communauté Rom et les conditions dans lesquelles le regroupement dans le gymnase a eu lieu.

Le traitement infligé à ces familles en état de choc est inacceptable. Loin de chercher à les protéger, les pouvoirs publics profitent de cette situation pour faire pression sur les familles et les inciter fortement à un départ "volontaire", alors même que le TGI d’Evry avait donné raison à ces familles Roms qui s’opposaient à leur expulsion de ce terrain et que la décision de la Cour d’Appel était attendue pour le 16 mars.

Nous dénonçons le traitement discriminatoire et la maltraitance institutionnelle de ces populations sur le sol français, largement reconnus par la délibération de la HALDE n°2009-372 du 26 octobre 2009. Cette maltraitance, fondée sur une méconnaissance totale des réalités de terrain et des préjugés profondément ancrés vis-à-vis des Roms, est multiple.

Les associations demandent à ce qu’une enquête soit faite sur ces faits extrêmement graves, notamment sur l’attitude passive de la police municipale, ainsi que sur le cadre légal dans lequel s’est déroulé l’ensemble de la procédure.

Source : La Cimade et Hors la Rue

Commentaires