Racisme, colonialisme, ethnisme

Quand le gotha médiatique encense ou tolère la "Négrologie"

« Stephen Smith aime trop l’Afrique pour souffrir ses mensonges. Elle se meurt, dans la plus sanglante et douloureuse des agonies. Mais la faute n’en est pas d’abord à la colonisation ou à la mondialisation. […] Il faut lire Négrologie pour mieux aimer les Africains. »

Francis Brochet, Le Progrès, 2 novembre 2003.

« En tout cas, le constat, il y a trois points : l’Afrique est malade, vous parlez très bien de la démographie, du sida, des épidémies. L’Afrique n’est pas pauvre mais les Africains sont pauvres. Et puis, le troisième point c’est l’Afrique est violente : absence de démocratie, les dictatures, la corruption, le tribalisme, enfin ça c’est des choses qu’on connaît. »

Frédéric Fernay, Le bateau livre (France 2, 16 novembre 2003)

« Dans un essai implacable, Stephen Smith dissèque les maux du continent. “Un bilan, pas un pamphlet.” Voilà comment, quarante ans après le cri d’alarme de René Dumont, Stephen Smith, journaliste au Monde, définit son essai décapant, Négrologie. »

Vincent Hugeux, L’Express, 27 novembre 2003.

« Pourquoi l’Afrique meurt-elle ? En grande partie, parce qu’elle se suicide (…), l’afro-optimisme est un crime contre l’information (…). Aujourd’hui, le seul panafricanisme réellement existant, c’est celui de la douleur. » Dès l’introduction, le ton est donné. Ce livre, écrit par un journaliste qui la connaît bien, veut dire la vérité sur l’Afrique noire d’aujourd’hui. Un continent où la démographie croît plus vite que la richesse, une terre de l’échec économique, de l’aide inutile, de la défaillance de l’Etat, de la fausse démocratie et des faux espoirs (Afrique du Sud), un bazar religieux et un lieu de massacres. Confronté à cette pluie de malheurs, le peuple africain trouve des solutions pour survivre (elles auraient mérité qu’on en parle). Mais les élites africaines s’engagent dans la fuite en arrière identitaire, dans une « conscience noire », produit d’un passé idéalisé, « supplément d’autodamnation », stérile à transformer l’Afrique pour lui faire saisir les opportunités du monde d’aujourd’hui. Certes, tous ceux qui connaissent l’Afrique ont des exemples de réussite à donner. Des « rescapés, des îlots de mieux-être dans un océan de malheur », répond Smith. Un constat lourd et déprimant face auquel la seule lueur d’espoir est de se souvenir des analyses des années 50 qui concluaient à l’absence de perspectives pour l’Asie…

Kwedjo Sakora (Alternatives économiques, n°220, décembre 2003, article en entier)

Dressant une liste sans complaisance et documentée des maux dont souffre le continent, Stephen Smith, journaliste spécialiste de l’Afrique, dénonce le refus du changement camouflé en quête d’une africanité originelle. Au cour de ce fantasme d’une Afrique immuable : l’ethnie, brandie comme la communauté pertinente, mais dont l’auteur rappelle avec raison qu’elle est le fruit d’un processus historique en plein développement. Cet " enfermement dans un passé réinventé et idéalisé " est vécu comme une protection pour un continent dont les contacts avec l’extérieur (esclavages, colonisation, néocolonialisme...) ont été traumatiques. Mais, estime l’auteur, loin de la protéger ce " gri-gri identitaire " fige l’Afrique hors du développement et la fragilise en accroissant sa dépendance. Si cette attaque en règle contre une vision toute faite du continent qui " dévalue l’Africain une seconde fois comme objet inerte des cruels desseins d’autrui " est salutaire, l’auteur y met une rage qui ôte toute nuance au propos et le rend presque simpliste. Comment ne pas évoquer la complexité des liens de dépendance du continent vis-à-vis des pays riches, qui se manifeste, par exemple, dans le choix et la formation d’élites coupées des populations. Comment, quand on constate la difficulté de la démocratie en Afrique, ne pas s’interroger sur l’importation d’un modèle sur un continent qui était pourtant, avant la colonisation, très créatif en matière politique ? Comment enfin, quand on condamne les ravages du mythe de communauté originelle, ne pas constater qu’en cela aussi, l’Afrique est inscrite dans une tendance mondiale ?

Camille Bauer, L’Humanité, 1er décembre 2003. (article en entier)

En d’autres temps, certains bons esprits auraient considéré cet ouvrage comme raciste, méprisant, insultant vis-à-vis de l’Afrique noire. Aujourd’hui, malgré ce titre provocateur Négrologie (Calmann-Lévy), il apparaît tout simplement comme le constat implacable de la mort lente d’un continent entier, plus exactement de son suicide programmé. Car, pour une fois, l’état lamentable de la plupart des pays au sud du Sahara n’est pas dû au péché originel des Blancs, de la traite des esclaves jusqu’à la colonisation puis la mondialisation, mais aux Africains eux-mêmes, incapables de se prendre en charge, imperméables à la démocratie et quémandeurs de l’assistance mondiale. L’auteur, Stephen Smith, journaliste à Libération puis au Monde, est l’un des meilleurs spécialistes du continent noir. A ce titre et parce qu’il aime l’Afrique, il peut se permettre de dire la vérité, toute la vérité. Cela donne un tableau apocalyptique mais réaliste, même si le trait est volontairement appuyé. Depuis la fin de la guerre froide, l’Afrique, livrée à elle-même, est devenue en maints endroits un terrain vague où ne poussent plus que les haines tribales et la violence des seigneurs de la guerre, et où menace l’anarchie généralisée sur fond d’éternelle corruption. (...) Chiffres et références à l’appui, l’auteur explique comment l’Afrique en est arrivée à ce gâchis malgré ses richesses. Pourquoi ce continent - Afrique du Sud mise à part - a la productivité la plus faible au monde, des routes dans un état pitoyable, des services postaux qui fonctionnent mal, des réseaux d’eau et d’électricité confiés à des groupes étrangers. Négrologie, décidément, est une sacrée gifle pour les bonnes consciences d’Afrique et d’ailleurs !

Yves de Chazournes, Lire, décembre 2003

« Puisqu’il a une affection toute particulière pour l’Afrique d’entre les tropiques, dont il est l’un des meilleurs observateurs, le journaliste Stephen Smith n’y va pas avec le dos de la calebasse dans son dernier livre Négrologie. Son constat est impitoyable. […] Terrible réquisitoire et utile rappel que ce livre dont les propos les plus durs s’adressent non pas aux Africains, mais à “leurs amis occidentaux, ‘gardes-faune’ complices du meurtre de masse qui défigure la face du continent”. Noir c’est noir. »

Jérôme Stern, La Tribune, 5 décembre 2003.

L’Afrique au « temps du malheur »

En 1962, René Dumont avait publié un livre pessimiste sur le continent noir, L’Afrique est mal partie. Aujourd’hui, soit quarante ans plus tard, Stephen Smith, chargé de l’Afrique au journal Le Monde, lui fait écho avec un ouvrage qui dépeint l’Afrique sous le jour le plus sombre, avec un titre provocateur, Négrologie – Pourquoi l’Afrique se meurt.. Le ton est donné dès le début du livre avec des formules à l’emporte-pièce comme Ubuland sans frontières. Suit une longue énumération des malheurs qui frappent le continent au sud du Sahara. Dont bien entendu le génocide au Rwanda, les enfants-soldats coupeurs de mains et de bras en Sierra Leone et au Liberia, et pour terminer, le cannibalisme dont ont été victimes les pygmées pourchassés par un mouvement rebelle en République Démocratique du Congo. Stephen Smith note la corrélation frappante entre les guerres et la pauvreté. Or, l’appauvrissement de l’Afrique est évident : de 9 % en 1960, sa part dans le commerce mondial est passée à 1 % aujourd’hui. Cependant qu’entre 1990 et 2000, l’aide publique au développement de l’hémisphère nord a chuté de 29 %, car la fin de la guerre froide a sonné le glas de la sollicitude intéressée des pays riches. Mais la catastrophe la plus éprouvante est celle du Sida, particulièrement en Afrique australe qui sera privée de 26 millions d’habitants en 2015. La réponse des populations est celle à laquelle il fallait s’attendre : une prolifération de sectes religieuses vers lesquelles se presse une multitude souvent désemparée en ce « temps du malheur », selon l’expression du sociologue camerounais Achille Mbembé.

Claude Wauthier (MFI) RFI, 5 décembre 2003 (article en entier)

« Pour celui qui s’intéresse à l’Afrique, la lecture de ce livre est à la fois nécessaire et douloureuse. L’auteur, fin connaisseur d’un continent qu’il arpente depuis vingt ans, dresse un bilan sombre d’une Afrique dévastée par tous les maux, du sida à la corruption, des guerres fratricides à l’assistanat érigé en institution. Rien de neuf, sauf que Stephen Smith, longtemps journaliste à Libération et passé au Monde en 2000, met les Africains devant leurs responsabilités, même s’il dénonce au passage la gratuité de l’aide apportée à l’Afrique en soulignant que “le plus destructeur pour un pays, c’est d’être comblé de fonds d’assistance, sans qu’il n’y ait la moindre contrepartie”. »

Pierre Cochez, La Croix, 9 décembre 2003.

« [Un] essai brillant (...). On peut être accablé par le pessimisme absolu du constat ; mais Stephen Smith croit aux vertus de l’électrochoc. Se défendant d’avoir écrit un livre “gentil”, il n’aspire qu’à creuser la blessure, “qu’à plonger la plume dans les plaies ouvertes” comme s’il gardait une confiance paradoxale dans la cruauté du diagnostic, seule à même de dissiper fantômes et fantasmes et d’éveiller les consciences. En refermant ce document tout vibrant d’une sorte de fureur contenue et d’amour déçu, on songe à l’adage célèbre de Hölderlin : “Là où croît le danger croît aussi la force de ce qui sauve.” »

Pascal Bruckner, Le Monde, 12 décembre 2003.

« À dire vrai, dès son titre, politiquement très incorrect – Négrologie –, on avait compris quel serait le verdict du remarquable essai que Stephen Smith vient de consacrer à une Afrique qu’il parcourt depuis vingt ans des quatre coins, par le haut comme par le bas. […] Ce livre est indispensable parce qu’il croise, vérifie et relativise tous les critères par lesquels nous jugeons la réalité africaine : l’héritage de l’histoire, l’esclavage, le poids du passé colonial, l’arbitraire des frontières, l’ethnicité, les solidarités tribales, la pauvreté, etc. Oui, constate Smith, “héritiers de rien et producteurs de peu”, les Africains sont un quart moins riches qu’il y a vingt ans. […] On hésite à poursuivre ainsi un inventaire, une “négrologie” autrement riche, argumentée, convaincue. Pour retenir que l’urgence, pour cette Afrique bousculée par un “télescopage d’époques ailleurs successives”, serait qu’elle décide d’entrer dans une modernité trop facilement sous-traitée aux “Blancs”. »

Paul Meunier, Sud-Ouest, 15 décembre 2003.

« Depuis de longues années, je n’avais été sous le choc d’un livre aussi terrifiant, parce que compétent, informé et honnête, que celui de Stephen Smith, Négrologie. »

Alfred Grosser, La Croix, 5 janvier 2004.

« L’une des grandes qualités du livre impressionnant de Stephen Smith, Négrologie, pourquoi l’Afrique meurt, est sa profonde honnêteté dans l’analyse des causes. Il en est une qu’il a le courage de relever, dût-il se faire haïr par une bonne part des élites africaines : la prétendue “conscience noire”, “l’intériorisation du racisme érigée en vertu africaine”. »

Ouest-France, 25 mars 2004.

« Il y a beaucoup d’intelligence dans le livre (...) D’une grande sobriété »

Guillaume Durand, Campus, 25 mars 2004

« Les malheurs de l’Afrique relèvent avant tout de la responsabilité des Africains eux-mêmes, acteurs principaux et fossoyeurs de leur pays. C’est le sens du titre provocateur de l’ouvrage : la “négrologie” tue le continent, les Africains se comportant comme leurs caricatures les plus grotesques (rois nègres, nègres noceurs, sauvages...). Un livre résolument à contre-courant du “politiquement correct” […]. Trempée dans les plaies de l’Afrique, sa plume vive et précise rend horriblement crédible son diagnostic, à savoir que le berceau de l’humanité risque de devenir une nécropole, au sens propre, hélas, mais aussi au sens figuré, comme tombeau d’une certaine idée de l’homme. »

Le Télégramme de Brest, 28 mars 2004.

« Merci M. Smith de nous parler de l’Afrique, on en entend pas assez parler »

Bernard Pivot, France 2, 19 mars 2004.

« Le temps de la toute-puissance du réseau Foccart est révolu. Mais force est de constater avec Stephen Smith (1), spécialiste de l’Afrique, que « la lumière de cet astre éteint brille de mille feux ». Sur le continent, le mythe du réseau « françafricain » est souvent utilisé pour expliquer les crises politiques. Loin d’avoir toujours cette force et cette vocation, il se réduit à quelques survivances (...) »

L’Express, Virgine Gomez, "Qui tire les ficelles en Afrique ?", 12 avril 2004.

« Dans cette analyse courageuse et sans démagogie, Stephen Smith restitue aux Africains eux-mêmes et à leurs dirigeants leur responsabilité première dans cette faillite d’une Afrique qui ne cesse de se dérober aveuglément à la réalité. Un document choisi pour vous par France 2 aujourd’hui… »

France 3, "Un livre, un jour", Olivier Barrot

« Le colonialisme, le libéralisme et la mondialisation ne sont pas les seules causes de la situation catastrophique de l’Afrique. Aux yeux de Stephen Smith, spécialiste de ce continent et journaliste au Monde, les "guerres d’écorcheurs" qui y sévissent démontrent que l’Afrique est d’abord victime d’elle-même, c’est-à-dire de la corruption, de la violence, du sida, de l’Etat en décomposition. Des maux aggravés par les réflexes identitaires. Paru en 2003, l’ouvrage a obtenu cette année le prix France Télévisions. »

Le Monde des livres, 23 septembre 2004

P.-S.

La majeure partie de cette revue de presse est issue du site des Arènes, éditeur de "Négrophobie", ouvrage en réponse à "Négrologie" de Stephen Smith

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