Racisme, colonialisme, ethnisme

Philippe Val et Pétré-Grenouilleau, vainqueurs médiatiques par K.O

Ceci est un billet d’humeur. Pour les argumentations en bonne et due forme, écoutez Mehdi Ba ou lisez Odile Tobner. J’ai regardé la soirée Thema d’Arte sur l’esclavage, diffusé le lendemain du docu assez décapant sur France 5 à propos de la guerre d’indépendance au Cameroun. On dirait une remise en ordre. Tout d’abord, un documentaire intéressant et par moments très émouvant sur l’esclavage moderne en Mauritanie, le problème étant que c’est toujours l’esclavage des autres qui est présenté [1] (c’est une longue série télévisuelle depuis quelques années entre "Les enfants bouviers au Tchad", le Bénin, etc. bref le style "Envoyé spécial") sans parler de l’esclavage pratiqué dans les plantations de Bolloré un exemple parmi des milliers, très pudiquement évoqué dans la discussion qui suivait un reportage sur le caoutchouc au Libéria. Et sur les causes, motus.

Puis un docu-choc [2] d’Antoine Vitkine, ce grand Monsieur qui, en bon petit caniche de Philippe Val, dénonçait le grand complot mondial post-onze septembre [3]de ceux qui dénoncent des complots. Et le grand vainqueur du soir eeeest : Pétré-Grenouilleau, en Prime Time s’il vous plaît ! Tout le monde est coupable de l’esclavage, même les victimes. Circulez, il n’y a plus rien à voir. Tout ce cirque a son chef d’orchestre : Daniel Leconte, digne représentant les Lumières de la Civilisation à Arte. Encore un très proche du rédac chef de Charlie. Un débat, pour finir, avec deux "Africains" comme c’est dit, parce que c’est vrai que c’est encore mieux s’ils le disent eux-mêmes. Leconte a passé le plus clair de son temps à vouloir faire dire à l’universitaire sénégalais ce qu’il ne disait pas. Premièrement en posant des questions qui contiennent déjà la réponse, puis en reformulant à sa sauce les propos de son interlocuteur. Les propos d’Ibrahima Thioub, sélectionnés dans le reportage de Vick le Vitkine, vont être infiniment nuancés lors du débat (qui avait lieu en direct il me semble). Quant au porte-parole (dont nous tairons le nom, décence oblige) de SOS esclaves, une ONG officiant en Mauritanie, il a bien précisé que la Françafrique n’était responsable de rien, et que les Africains n’avaient qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Une sorte de triste écho d’il y a 150 ans, lorsque de célèbres abolitionnistes français couplaient leur combat avec un soutien sans faille à l’entreprise coloniale et ses travaux forcés.

Au final, ce Théma semble avoir aussi pour rôle de rassurer la population française. Pas de ça chez nous ! On est les premiers à avoir aboli ça, les plus civilisés. Cette endormissement permettra d’abolir pas-à-pas le code du Travail. Sur le site de Regarde à vue, un avant-goût ce que pourrait être les débats très rationalisants du futur.

Stéph.

Notes

[1] Pour plus de précisions veuillez consulter l’intégrale du mois de juin sur l’esclavage http://www.arte.tv/fr/histoire-soci...

[2] Les esclaves oubliés, 24/06/2008

[3] [Un livre aux idées infectes, heureusement l’un des plus mauvais de la décennie http://www.lamartinieregroupe.com/l...

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