La France au Rwanda

Grotesque : les services secrets français extorquent un modeste document à d’honnêtes citoyens

La France et le génocide des Tutsi rwandais

Grotesque : les services secrets français extorquent un modeste document à d’honnêtes citoyens

Appel à la résistance collective contre la criminalité d’Etat et toute forme d’intimidation ! Ne laissons pas les criminels d‘Etat utiliser nos services secrets au seul service de leur impunité, diffusons sur nos blogs et nos sites, les documents qu’ils tentent de supprimer !!!

La DCRI, nouveau service de gardiennage de l’Inavouable ?

Emmanuel Cattier, animateur du site web de la Commission d’Enquête Citoyenne sur le rôle de la France au Rwanda, a été convoqué et intimé (1) le 14 janvier 2009 par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) (2) afin qu’il retire de ce site un extrait du compte-rendu (3) classé "confidentiel défense" qui y était hébergé.

Ce document, dit « note Poncet », atteste que les militaires français présents au Rwanda pendant le génocide avaient reçu pour consigne non seulement de ne pas intervenir contre l’extermination des Tutsi dont ils étaient les proches témoins, mais aussi de veiller à ce que les médias ne soient pas témoins de cette criminelle passivité. Par cette directive n°008/DEF/EMA du 10 avril 1994, l’Etat-major français qui, pour le moins, était déjà pleinement conscient qu’un génocide était en exécution violait sciemment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948…

9 jours plus tôt, le 5 janvier 2009, Serge Farnel, journaliste, avait lui aussi subi un interrogatoire de cinq heures dans les locaux de la DCRI à Levallois-Perret toujours à propos de ce document.

Il se trouve que le 5 novembre 2008, à la sortie duprocès intenté par Hubert Védrine contre deux membres du collectif Génocide made in France, Serge Farnel avait interviewé Hubert Védrine, l’ancien ministre et ancien secrétaire général de l’Elysée, au sujet de cette note.

De son côté, Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions militaires au quotidien Libération, a retiré son article sur le sujet afin de ne pas avoir d’ennuis...

Après l’affaire Dasquié (4), l’affaire Farnel-Cattier ?

Les services secrets français vont-ils désormais avoir pour mission de traquer tous les documents attestant l’implication de certains français dans ce génocide ?

Pourtant, cette note du militaire Poncet, document PDF ci-joint, était en ligne depuis un an sur le site de la CEC. En outre, elle corroborait de nombreux témoignages. Un secret de polichinelle donc, et des faits - ordre de passivité devant les massacres de Tutsi - autrement moins graves que ceux de la relativement bien documentée participation directe au génocide dont s’est rendu coupable l’appareil d’Etat français.

Alors pourquoi cette absurde intervention de la DCRI ?

Comble de l’ironie, les passages compromettants de cette note avaient déjà été cités quasiment in extenso par nos députés dans le rapport de la Mission parlementaire en 1998 (5) ! Certes, ce rapport omet de citer la référence de la directive qui ordonne de fait de laisser place nette au génocide et couvre ainsi « fortuitement » la participation de l’Etat-major français au génocide.

Officiellement, la France envoie des militaires français pour évacuer les Français et les Européens. Mais l’opération a aussi d’autres buts, comme en témoigne le Colonel Luc Marchal, commandant des casques bleus à Kigali : "Les trois premiers avions de l’opération Amaryllis (...) de deux avions ont débarqué les parachutistes, et d’un avion on a déchargé des caisses de munitions. Tout ça était préparé puisque les militaires rwandais avaient amené des véhicules à l’aérodrome et directement les caisses de munitions ont été chargées dans les véhicules ". Un autre volet de l’opération Amaryllis fut de détruire les archives diplomatiques compromettantes de l’ambassade de France à Kigali. (Voir le documentaire Rwanda, un Génocide made in France, à 8’14) :


Est-ce cela que la DCRI a pour mission de camoufler ?

S’agit-il d’intimider ceux qui luttent pour que soient jugés les co-auteurs français de ce génocide ?

A quelques mois de la quinzième commémoration du début du génocide, après l’affaire Bruguière qui focalisa l’attention de nos médias et concitoyens sur l’étincelle qui mit le feu aux poudres - l’attentat contre l’avion d’Habyarimana - plutôt que sur l’identité de ceux qui appuyèrent la préparation et l’accomplissement du génocide, le débat sur l’existence de cette note et la véracité de son contenu sera t-il le nouveau contre-feu politico médiatique de l’année ?

Soyons solidaires, et déterminé/e/s : résistons aux pressions exercées par l’Etat français sur des citoyens en lutte contre l’impunité !

Le Collectif Génocide made in France appelle chacun/e à faire circuler et héberger le document « traqué » joint à ce message sur un maximum de sites et de blogs, et à y joindre également un second document autrement plus embarrassant pour l’Etat français co-auteur du génocide :

En effet, dans ce second document adressé à François Mitterrand en plein génocide (22 mai 1994), le président du Gouvernement intérimaire rwandais putschiste et contremaître du génocide depuis le 6 avril 1994, atteste l’indéfectible partenariat de la France avec son régime et les excellentes relations l’unissant à son homologue, auquel il ne craint pas de demander d’augmenter son aide en plein coeur des massacres... Ainsi pourrons nous peut être éviter que la DCRI ne se déplace pour des broutilles, et éteindre en son foyer l’éventuelle stratégie de contre feu évoquée.

La soif de justice, d’intégrité et de vie est inaltérable.

« La vérité est comme un petit bouchon de liège qui finit toujours par remonter à la surface » – Proverbe Kabyle

Le collectif Génocide made in France

www.genocidemadeinfrance.com

contact@genocidemadeinfrance.com

(1) cliquer ici pour visionner les témoignages d’Emmanuel Cattier et de Serge Farnel

« Ils m’ont menacé des pires ennuis juridiques, moi et ma famille, si je maintenais sur le site de la CEC ce document que j’avais mis en ligne il y a un an. En même temps ils étaient très embarrassés. Ils ne voulaient pas de vagues. Ils m’ont raccompagné chez moi à quatre en voiture banalisée pour vérifier que j’effaçais bien le document du site de la CEC et de mon disque dur (http://survie67.free.fr/editorial.html)

(2) Issue de la fusion de la DST (Direction de surveillance du territoire) et des Renseignements généraux (RG)

(3) Compte rendu du Colonel Poncet, Commandant de l’opération Amaryllis, au moment où débutait le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994. Compte-rendu N° 018/3°RPIMa/EM/CD (CD pour « Confidentiel défense ») au chef d’Etat-major des armées du 27 avril 1994 ( lien de téléchargement ). Plus de détail sur le contexte de ces intimidations et sur cette note que la Mission française d’Information Parlementaire pour le Rwanda, chargée en 1998 d’examiner la politique de la France au Rwanda de 1990 à 1994, n’a pas daigné rendre publique, via : Medialternative

(4) Guillaume Dasquié a été interpellé par la DST à son domicile le 5 décembre 2007, placé en garde à vue puis mis en examen. Il lui est reproché d’avoir divulgué, dans Le Monde du 17 avril 2007, des documents non déclassifiées provenant de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Toujours selon ses affirmations, ces documents révéleraient des informations dont disposaient les services de renseignements français sur Al-Qaida avant les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Source Wikipedia

(5) Mission Parlementaire d’Information sur le Rwanda de 1998 (page 280 du rapport de le MPIR http://www.assemblee-nationale.fr/11/dossiers/rwanda/r1271.asp#P4340_621532 : attendre le chargement complet de la page, puis remonter légèrement l’ascenseur du navigateur de quelques lignes).

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