La France en Afrique

A propos du livre de Nesrulah Yous "Qui a tué à Bentalha ?"

Impossible pour moi de ne pas parler de ce livre et de son auteur. J’ai passé un mois en Algérie en 1999, visitant la Kabylie, les environs d’Alger (Aïn Taya, Boudouaou) , et le Mzab, à l’occasion du mariage de mes amis. J’ai voyagé dans d’autres pays, mais jamais je n’ai ressenti une atmosphère aussi étrange. L’émotion sous-jascente était très forte au sein des familles. Je pleurais intérieurement, laissant des enfants dans une angoisse indescriptible, malgré la joie du mariage. Deux ans plus tard, mon ami me présentais Nesrulah Yous, rescapé du massacre de Bentalha, réfugié politique en France, qui galérait pour trouver un emploi digne de ses compétences. Cet homme avait trouvé la force de témoigner à travers son livre. Ce livre, je suis en train de le lire. Et là je m’adresse à tous, pour crier ma stupeur, ma rage, mon dégoût face aux magouilles de l’Etat français et de la sécurité militaire algérienne. Ce livre est surpuissant de vérité et de courage. Ce héros a fait un travail phénoménal. Ce livre est clair. Ce livre est un témoignage et un appel à toute l’humanité. Pour moi, rien n’est plus comme avant, ce livre m’a recouvert d’effroi. Je me souviendrai toujours de ces moments où je me suis mis à sangloter comme un enfant en lisant ce récit dans le métro. Durant le déjeuner que nous avons pris ensemble, le temps est passé comme un éclair. Trois heures pour retrouver l’espoir, pour se dire que s’il existe des hommes comme lui, le monde ne peut pas être aussi atroce. Il est la preuve vivante que se battre contre l’injustice n’est jamais inutile. Et chaque chapitre que vous lisez vous va droit au cœur. Ce témoignage fait désormais partie du patrimoine de notre humanité. Je voulais enfin lancer un dernier coup de gueule aux pseudo-philosophes du pouvoir tels que Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, ces snobs dont l’aveuglement, la vanité et le scepticisme douteux nagent dans un océan grotesque. Eux et les diplomates me font vomir. Ce vomi, j’aimerais bien leur recracher à la gueule : "troublant, mais pas convaincant". Je pense que ceux qui ont lu le livre et les commentaires qu’en ont fait ces faux intellectuels et vrais rhétoriciens auront bien senti l’odeur nauséabonde qui règne dans certains couloirs des immeubles de la presse.

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