Accueil > La France au Rwanda > Marianne soutenu financièrement par un ami de Sarko

Marianne soutenu financièrement par un ami de Sarko

lundi 23 avril 2007

Les exemples de coups de pression de Sarkozy sur les médias pullulent en période électorale. Après avoir menacé de virer la direction de la rédaction politique de France 3 pour avoir dû poireauter quelques minutes avant de se faire maquiller [1], le dernier exemple en date concerne l’hebdomadaire national-républicain Marianne. A en croire son rédacteur en chef Jean-François Kahn, Sarkozy aurait tenté de faire pression sur l’un des bailleurs de fonds, après la couv’ « Sarkozy est-il fou ? ». Un comportement à la hauteur de la réputation du successeur de Pasqua dans les Hauts-de-Seine, qui semble se mettre en rage à la moindre égratignure.

Mais le plus original n’est pas là : on apprend dans l’interview que Marianne, qui se targue d’une indépendance financière, est soutenu par un ami de Sarko, via un prêt qu’on contracté ses deux dirigeants. L’ami en question serait-il aussi chiraquien ? Cela expliquerait en partie le matraquage du quotidien sur l’hagiographie de Jacques Chirac par Pierre Péan, sortie le jour même du dernier Sommet France-Afrique en 2007. Le camouflage du néocolonialisme français, point commun avec une autre diffusion en avant-première, celle de l’ouvrage auréolé de négationnisme qu’est « Noires fureurs, Blancs menteurs », toujours du même Pierre Péan… Une opération de blanchiment du rôle de l’Etat français au Rwanda.

Extraits de l’entretien avec Jean-François Kahn « Il a un style assez hard. » Charlie hebdo, 18 avril 2007

Est-il vrai qu’il [Sarkozy] a fait pression sur l’un de vos soutiens financiers, qui se trouve être l’un de ses très proches amis ?

Lorsque nous avons monté le journal, pour éviter le risque d’une OPA, Maurice Szafran et moi avons emprunté de l’argent à titre individuel pour être sûr de détenir 40%. Sarkozy a obtenu le nom de l’un des bailleurs de fonds à qui nous remboursons l’emprunt chaque mois avec des intérêts. Et il lui a dit : «  Au nom de notre amitié, je te demande d’exiger d’eux qu’ils remboursent tout de suite.  » On parle de plusieurs millions ! Il croyait torpiller le journal, mais on se serait peut-être même retrouvés en prison… Heureusement, notre «  actionnaire  » n’a pas cédé.

Notes

[1] Le Canard enchaîné, 21/03/2007

Commentaires